Rita, ou le mari battu – Donizetti


C’est avec Rita que notre association a fait ses débuts, et c’est certainement la production qui restera la plus chère à nos cœurs.

Présentation

Inverser les rôles pour qu’une situation normale et pourtant choquante devienne drôle ? C’est le pari que fait Donizetti en… 1841 ! Prise en étau entre la violence de son premier mari et l’amour de son second, une femme va devoir choisir : cercle vicieux… ou cercle vertueux ?

Alors qu’il attend une nouvelle commande, Donizetti demande à Vaëz, avec qui il a déjà collaboré pour Lucie de Lammermoor et La Favorite, de lui écrire un petit livret pour le divertir. De son désœuvrement nait une œuvre dans laquelle il ose une hardiesse harmonique, et parfois même rythmique, qu’on ne retrouvera dans aucun de ses autres opéras. Dans ces huit numéros alternant texte et chant, la mise en scène fait écho à la musique et le son engendre directement le geste.

Refusé par l’Opéra-Comique, annulé à Naples suite à son décès, il ne sera joué que 12 ans après sa mort, en 1860. Il fait désormais partie du répertoire des compagnies, en raison de son format (3 chanteurs) et pour son intérêt musical. Quant à l’aspect sociologique, il est d’une modernité confondante au regard de notre actualité, où la place de la femme agite la plume de nombre d’auteurs et d’autrices, et où la violence sévit toujours en cercles vicieux.

Cette comédie écrite pour trois personnages peut être jouée dans son intégralité très facilement, sans nécessité de changement de décors. C’est une partition pleine d’humour où les scènes s’enchaînent parfaitement avec une qualité constante. L’écriture harmonique est audacieuse pour l’époque. J’attends de la part des interprètes beaucoup d’énergie du début à la fin, afin de transmettre au public l’enthousiasme de cette partition de la première à la dernière note ! Les intentions scéniques doivent être parfaitement synchronisées à la musique afin que tout le spectacle soit ‘sulla musica’

Matteo Carminati

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